Après un séjour dans les côtes d'Armor, sur la côte nord de la péninsule bretonne, et une traversée de part en part de la Région, sous la grosse pluie qu'on lui prête assez souvent, j'étais enfin sur le côte sud. J'y retrouvais un ami du web que je rencontrais en vrai pour la première fois, Nicolas (un de plus, le troisième depuis le début de ce périple !) et sa femme Delphine. Ensemble, ils m'auront bien chouchouté, eux aussi, en me faisant visiter la région et déguster "quelques" bières locales. Décidément, j'aurais été bien reçu en Bretagne ! (Et je te vois venir Axel, oui, à Paris aussi, mais hé ! Peut-être parce que toi-même, tu es Breton ?).
Trois étapes majeures ont jalonné mon séjour dans le Morbihan : Une plage un peu isolée dans une crique sympathique par un temps magnifique, la visite de Vannes, et un passage au soleil couchant vers les alignements de Carnac. Et histoire de tacler les mauvaises langues qui auraient pu ricaner en me lisant à l'article précédent, non, il ne fait pas toujours moche en Bretagne. J'ai même une preuve :
Ciel bleu, mer bleue - voire bleu clair ! Voire TURQUOISE ! Vous ne rêvez pas, vous êtes en Bretagne. Les médisants sont cois.
En short et rangers, j'ai suivi mes deux guides sur un coin de côte du Morbihan, profitant du beau temps pour aller nous baigner sur une plage plutôt pratiquée par les locaux, évitant ainsi l'afflux massif des plages à touristes. Néanmoins, pour bénéficier de ce coin de tranquillité, encore fallait-il mériter son accès. D'abord un chouette chemin sinueux le long de la côte, au sommet d'une falaise escarpée, qui valait déjà le détour par la vue qu'il nous offrait : Des fleurs partout, pleines de couleurs, et la mer d'un beau bleu invitant à la baignade.
Mes guides et hôtes Nicolas et Delphine sur ce sentier fleuri qui sentait bon l'été.
L'un des promontoires de la falaise où une croix de pierre rongée fait face à l'Atlantique.
Ensuite il y a les nombreux escaliers de pierre, parfois assez raides, polis par les années et qui ne sont pas forcément des plus praticables pour ceux qui sont venus en claquettes...
Sinon on peut aussi prendre le bateau et ne pas se prendre la tête, mais c'est un autre budget.
Au bout du sentier, la crique...
... que voici.
Pour descendre au fond de la crique pour profiter de cette plage un peu isolée, il fallait même crapahuter à flanc de rocher rendu glissant par une fine couche de sable et de poussière, bref, il fallait la vouloir, cette baignade. Inutile de dire qu'avec un cagnard pareil, nous nous sommes jetés à l'eau - Non sans crème solaire, hein, j'avais déjà assez pris de couleurs comme ça.
Oui, c'est la Bretagne, pas une photo de Grèce recyclée ni vu ni connu. Et elle était bonne, en plus d'être claire !
Mais la balade elle-même était déjà chouette, la côté étant très agréable et pas trop venteuse (en tout cas ce jour-là). J'ai également pu découvrir le pouvoir invasif du bambou grâce à un riverain qui a planté le sien directement dans le sol de son jardin, et qui du coup a laissé se propager cette plante invasive bien plus que prévu. Donc la tache de végétation verte ondulant au milieu de cette photo n'est pas du roseau ou quelque chose de ce genre là, c'est du bambou. Et c'est dommage car on voyait que ça commençait à étouffer la végétation locale... Cela dit l'endroit reste magnifique, évidemment, mais si vous envisagez le bambou pour votre jardin, souvenez-vous que c'est une plante invasive et que ceci peut arriver :
Le bambou du Morbihan. Et une superbe vue de la côte, aussi.
Une fois rafraîchis, il était temps pour moi d'explorer un peu Vannes. Et je dois avouer que ça vaut le détour. La vieille ville médiévale est très chouette, pleine de petites rues, très agréable pour les piétons (du coup un petit côté Tallinn pas déplaisant), et surtout plein de maisons bretonnes à colombages. Et vous le savez maintenant J'ADORE LES COLOMBAGES !
Bon alors c'est sûr c'est pas comme en Alsace, beaucoup de longues poutres verticales et relativement peu de diagonales, mais j'aime quand même !
Colombages ! COLOMBAGES !
Et justement, l'Alsace n'est jamais loin quand on a des colombages !
Mais Vannes a aussi quelques belles églises, une porte monumentale assez classe, et surtout de très beaux jardins, le long des remparts !
Vous entrez à Vannes, pauvre mortel.
Eglise en vieille pierre + colombage = Florent est content.
Une vue d'une partie des jardins, avec le blason de la ville en fleur (blason vu sur la porte de la vieille ville). On reconnaîtra la blanche hermine (moi je pense de suite Tri Yann... c'est grave?)
Plus de jardins et de remparts, avec un motif de moucheture d'hermine à gauche, symbole breton qu'on retrouve sur le drapeau de la région
Petit moment Histoire, aussi, tant qu'à faire ! On retrouve la moucheture d'hermine aujourd'hui indissociable de la Bretagne.
D'ailleurs la revendication bretonne je l'ai bien sentie, au delà des tags invitant à la mort des Frankaouis et des autocollants "à l'aise Breizh" (même si en voir autant m'a quand même surpris...). Par les drapeaux partout, d'une part, et par le bilinguisme affiché, qui m'a rappelé celui qu'on trouve parfois en Alsace, même s'il semble pâtir de la même artificialité. C'est un breton générique qui ne respecte pas vraiment les variations locales et qu'on voit même sur des panneaux en des lieux de Bretagne où... on ne l'a jamais parlé (comme Nantes, par exemple), tout comme l'alsacien de nos plaques de rues n'est pas réellement authentique mais un alsacien de cuisine, principalement strasbourgeois bas-rhinois, mais je m'égare. Si ça peut sauver ce qui peut l'être de la langue bretonne (dont la plaque ci-dessus vous donne un petit aperçu), tant mieux !
Au-dessus des douves, Nicolas et Delphine que je remercie encore pour leur accueil !
Sur ce je marque une pause, l'article suivant sera entièrement consacré à Carnac et ses à-côtés !
Après une nuit blanche à papoter avec Axel, je repartais à l'aube pour embarquer dans un autre covoiturage direction les Côtes d'Armor, dans la Bretagne natale de l'ami que je laissais à Paris, ironie de l'histoire. Ce fut un trajet plein de bonne humeur avec mes co-passagers, notamment une grand-mère et son petit garçon de fort bonne compagnie. Notre conducteur nous a fait traverser la région Centre vite fait, le Pays de la Loire avant de remonter dans les Côtes d'Armor où il me largua sur un parking de super-marché où je fus récupéré par Morgan et Julien qui allaient m'accueillir pour quelques jours. Après une grosse matinée de route, j'étais donc en Bretagne.
Bâteaux de pêche dans le port de Paimpol.
Alors avant d'aller plus loin, je tiens à dire que ce n'était pas la première fois que je mettais les pieds dans la région, seulement voilà, mes souvenirs dataient un peu. Et honnêtement ça impliquait surtout de la pluie, des gros rochers couverts d'algues, et le lac de la forêt de Brocéliande (où la Dame du Lac n'a pas daigné répondre à mes appels, tsss... Diva). Du coup c'était une redécouverte. La Bretagne d'un œil neuf, et être accueilli par un grand soleil qui tape et décape ma peau de roux, je dois dire que ça m'a fait un petit choc. Mais comme en Bretagne "il ne pleut que sur les cons", j'ai pris ce premier coup de soleil breton comme un compliment (d'ailleurs il mettait une bonne deuxième couche sur le coup de soleil parisien, j'étais pas trop dépaysé). Même si, je le concède, ça se voit pas trop sur les photos que je vous montre ici. On y étais le jour où ça c'était un peu couvert... si c'est vrai, je vous jure ! Quand je suis arrivé il faisait super beau !
Le drapeau islandais flotte sur Paimpol.
Mon séjour chez la famille de Morgan s'est fort bien déroulé mais bon, ça n'a rien à faire ici, je ne dirais donc que "merci beaucoup", au cas où ils passeraient lire ces lignes ! Un accueil royal. En revanche, je peux vous emmener en ballade dans leur ville d'origine, la célèbre Paimpol. Ne riez pas, c'est un port morutier connu, et la tueuse en série Jeanne Weber y est née ! N'y voyez aucun lien. Blague à part, l'histoire de la pêche à la morue est profondément associée à la ville, d'ailleurs si vous avez lu Le pêcheur d'Islande de Pierre Loti (ce n'est pas mon cas, honte ! Honte !), le personnage principal revient à sa ville natale Paimpol. Il fait partie de ces braves pêcheurs qui partaient sur des pêches au long cours jusqu'à Terre Neuve pour ramener les précieuses morues. La ville est d'ailleurs jumelée avec une commune islandaise, un autre port de pêcheur : Grundarfjörður. Ce qui explique les drapeaux islandais partout dans le port de Paimpol. Moi que revenait tout juste de mon stage en Islande, ça m'a fait tout drôle.
En dehors de ce détail qui m'a personnellement tapé dans l’œil, Paimpol est une petite ville charmante. L'architecture est sympa, on sent un passé riche (dans tous les sens du terme). Le vieux centre a quelques belles maisons à colombages, et vous savez que j'aime les colombages. Beaucoup. Néanmoins on constatera qu'ils sont d'un autre style que les colombages alsaciens dont je vous ai rabâché durant la petite visite de la Petite France à Strasbourg.
Le port de Paimpol, côté terre, cette fois.
Faisons ensemble un petit tour dans les rues du vieux Paimpol, avec ses rue étroites et pavées, ses maisons en pierres apparentes, et son charme qui, comme on peut le voir, attire les touristes.
Celle-là est sympa. Les colombages à poutres longues font un trop tableau excel à mon goût, ça manque un peu de diagonales et de traverses, mais c'est parce que j'ai trop l'habitude des colombages de chez moi. Y a quand même un petit encorbellement qui fait plaisir, et le coin de rue en colombages ça reste classe quoi qu'il en soit !
Très jolie coutellerie dans une maison aux colombages sculptés, magnifique ! Même les moignons de l'encorbellement sont décorés, et j'adore la figure taillée en haut à droite. Très belle maison.
Bon après juste à côté y a ça... Comme je le disais, le centre-ville pittoresque attire les touristes et on tombe donc sur ce genre de choses : Jack Sparrow vous refourguant des sacs à drapeau breton. Sachant que la ville n'a pas de passé pirate... Voilà, voilà. Néanmoins, on y trouve des traces de fierté bretonne, j'en veux pour preuve ces tags subtils :
Bretagne, Nation Libre, A l'Aise Breizh, biatch ! Ah, et on ne le voit pas bien à cause de l'angle mais tout à gauche on peut même lire...
... que la rue est dédiée aux Islandais de Grundarfjörður, auxquels les Paimpolais sont jumelés.
Bon, je me moque, mais promis, le prochain Elsass Frei que je vois je le mets sur le blog, pour égaliser le score. De façon rigolote, le mot "frankaouis" n'est pas breton, contrairement à ce que j'ai cru en voyant le graffiti. En fait c'est un surnom donné aux Français de la métropole par... les pieds-noirs d'Algérie (cf. ici). Étrange mélange des genres, mais après tout, rien n'empêche la nation libre de Bretagne d'être multiculturelle !
L'entrée du port de Paimpol, avec sa vieille digue badass.
Après un court séjour sur la côte nord de la Bretagne, il était temps pour moi de descendre retrouver un autre camarade sur la côté sud. On m'a donc amené sur "la route de Vannes" où il ne devait y avoir aucun problème à me faire prendre en stop. Pas de covoit pour une si courte distance, et puis je revenais de mon road-trip islandais, je le sentais bien.
ERREUR.
En fait non seulement on ne m'a pas pris rapidement, mais en plus c'est le moment que la météo a choisi pour faire tomber le déluge sur la Bretagne. Tout d'un coup j'étais devenu un gros con, apparemment, parce qu'il a bien, bien plus sur moi. Avec Thor qui me faisait des grands coucous dans le ciel, zébrant d'éclairs la couche nuageuse couleur de plomb juste au-dessus de ma tête ruisselante. Vous voyez le tableau. Heureusement que j'avais des réflecteurs sur mon sac en mode Finlande parce que je me suis retrouvé plus ou moins à longer une voie rapide dans un temps de merde à visibilité limitée. Finalement, une fois la sauce passée et mes vêtements bien trempés, le ciel s'est dégagé et un mec a bien voulu le prendre, un musicien à la bagnole remplie à craquer d'instruments et d'amplis, qui se rendait à un festival où il jouait avec son groupe. D'ailleurs j'en profite pour le remercier et dire que son groupe c'est Bob & Flanaghan. Merci, mec !
Il m'a déposé à un rond point, puis après un peu de marche un autre mec m'a pris en stop jusqu'à Vannes.
Finalement, Axel et moi sommes enfin arrivés aux quatre pieds d'un des monuments les plus emblématiques de Paris, sinon le plus utilisé pour les plans d'établissement dans les films qui veulent vous faire comprendre que ouais, on est à Paris : La Tour Eiffel.
On dirait pas vu d'en bas mais c'est quand même grand... ah si, on voit en fait. 300 mètres environ, 10 100 tonnes dont 7 300 tonnes de charpente métallique. Détentrice du record de hauteur pour un monument durant 41 ans. FAT & BADASS.
J'ai personnellement un rapport assez paradoxal avec ce monument. Je suis en admiration complète devant son génie, sa structure, l'exploit technique qu'il représente, et son rôle à travers l'Histoire. Mais je méprise profondément le symbole, qui fait que c'est la première chose qui vienne à l'esprit d'un étranger à qui ont dit "France". Cette espèce d'association France = Paris, Paris = Tour Eiffel, ergo France = Tour Eiffel. Surtout depuis que je vis à l'étranger et que je remarque d'autant plus les produits essayer de se vendre avec le côté frenchy et qui mettent des mots en français Google avec une photo libre de droit de la tour en question. Cette espèce de über-icônisation à outrance me pousse généralement à balayer la Tour Eiffel d'un revers de la main quand j'en parle et à lui préférer d'autres monuments plus classieux... sauf que quand je me retrouve devant elle à nouveau, ben comme tout le monde je bave et je la trouve incroyable. Je ne vous ferais pas de topo historique poussé cette fois, on va me reprocher d'être professoral et pédant, donc si ça vous intéresse, cliquez ici.
Quand tu lèves la tête mine de rien et que ...
La première fois que j'ai vu et visité la Tour Eiffel c'était en 1997, j'avais 10 ans. La météo était assez pourrie mais j'avais jamais eu ce genre d'expérience auparavant, et monter au sommet d'une telle structure avait été un point d'orgue de ma visite de la capitale avec mon parrain. Dix-sept ans plus tard et quelques visites après, l'impression écrasante que me donne la tour reste intacte. J'avais du coup très envie de prendre l'escalier pour y monter admirer le paysage. Ça me semblait être une bonne idée, Axel était d'accord, on s'est donc rangés dans la file d'attente, et c'est là que tout à commencé.
D'abord, il y a eu les touristes allemands.
Un truc amusant avec les gens qui sont dans un pays étranger c'est qu'ils partent rapidement du principe que personne ne les comprend et du coup se permettre de dire n'importe quoi. Comme les deux snobinards français de l'autre jour qui jouaient les élitistes ("Nan mais sérieux comme producteur il était pas aussi bon sur l'album de 77") du haut de leur dix-sept balais à Levykauppa äx à Helsinki, critiquant les rayons pour leur manque de goût et se marrant en disant "mais il est con ce mec, il cherche dans les CD, pourquoi il fait ça ? Haha !" Le con qui ne fouillait pas dans les vinyles c'était moi, et je comprenais parfaitement le français. Bah les Allemands de la Tour Eiffel c'était le même principe, mais en plus sournois.
D'abord leur groupe était disparate et finalement ils se séparaient se regroupaient un peu sans vergogne, jusqu'au moment où la queue se resserrait pour devenir une véritable file d'attente encadrée. Et là, bah, Axel et moi on était entre deux groupes, du coups, et ceux de devants comme ceux de derrière parlaient en allemand et je pouvais parfaitement comprendre qu'ils étaient ensemble et qu'ils en attendaient d'autres. Ils commencent à essayer de gruger, certains avec succès, jusqu'à ce que j'en aie marre et que je leur dise de se calmer et de rester dans la file comme tout le monde. En Allemand, cela va de soi, ce qui jette un petit froid du côté de mes compatriotes qui me croyaient dans le vent (bah oui, je parlais français avec Axel, je ne peux donc pas les comprendre, évidemment !). J'en profite pour alpaguer l'autre partie du groupe qui s’est aussi comporté de façon fort peu courtoise, et malgré le gros malaise général, deux nanas tentent le tout pour le tout.
Le super combo Mensonge + Charme.
"On est pas dans leur groupe on a rien à voir" d'abord, ce qui m'a fait doucement rigolé. Je leur ai donc expliqué que j'étais pas sourd et que j'avais bien capté le manège, puis pour essayer d'atténuer le truc : ".... ladies first". Haha, ladies first ! Mais moi je suis pour l'égalité des sexes, madame ! Bon, malheureusement, ce ne fut bientôt plus que le cadet de mes soucis puisqu'après avoir payé nos tickets jusqu'au deuxième étage (oui parce que si vous voulez allez jusqu'au sommet ça coûte plus cher...), arriva le contrôle de sécurité.
Et là j'avoue, j'ai merdé. J'ai été honnête.
Sous la jupe de la dame de fer.
Comme un con, je vois qu'il faut laisser tout un tas d'objets etc. et qu'ils "contrôlent" vaguement à l'entrée. Et c'est là que je me suis souvenu qu'à ma ceinture, comme n'importe quand et n'importe où où je me promène, il y a mon couteau suisse, un cadeau de mon père. J'ai alors deux options devant moi :
- Suivre le conseil d'Axel et gruger en espérant qu'ils captent rien (ce qui honnêtement aurait été des plus facile vu la, euh... "sévérité" du contrôle)
- Être honnête et dire "j'ai un couteau, je peux le laisser en consigne ?
Bah il se trouve que j'ai été éduqué comme il fallait et j'ai donc été honnête. ERREUR FATALE ! Les mecs me disent qu'il n'y a pas de consigne (même pas payante) et me jurent qu'ils ne peuvent pas le garder de côté, comme ça, en mode sympa. Il y a une boîte où je peux le mettre mais c'est du genre à sens unique, le couteau, je le perds. Ah oui, il y avait une affiche complètement déchiré au début de la file d'attente qui dit qu'ils vont interdire des objets donc c'est pas une surprise (par contre que y a pas de consigne, c'est indiqué, euh.... ben...). Mais pas de panique, il y a une solution facile, que notre contrôleur donne à tout le monde (car le problème est récurrent) : Je peux aller cacher mon objet dans les buissons juste à côté.
Oui, oui, je peux aller "cacher" mon objet dans les buissons très discrètement au pied de la TOUR EIFFEL, où PERSONNE n'est en permanence PARTOUT. Et surtout, je peux le cacher dans les buissons où le mec a dit à tous les autres de le faire. Si vous voulez faire la brocante et récupérer des trucs d'occasion état neuf, c'est le deuxième buisson à gauche les amis !
Parmi les objets que vous n'avez pas le droit d'emporter quand vous visitez la Tour Eiffel, il y a surtout des trucs peu courants quand on se promène à Paris et dont vous vous débarrasserez sans problème, je vous rassure : poussettes, parapluies... D'ailleurs vous pouvez lire ces instructions en ligne, donc vous êtes prévenus, quant à ceux qui viennent en promeneurs et qui passent par là, ben, allez vous faire un sac, on est juste la Tour Eiffel, on peut pas se payer une consigne.
Moi, refusant de jeter un cadeau à la poubelle, je décide de revendre mon billet et que la Tour aille se faire un sac. Sauf que voilà, personne ne nous fait confiance dans la file d'attente, pensant probablement qu'on veut leur vendre une arnaque. Là je commence à me dire qu'en plus de la déception va s'ajouter le pognon jeté par la fenêtre. Les boules, quoi. Quand soudain, alors que nous nous préparons à repartir dépité, c’est l'illumination. De l'autre côté du MÊME pilier nous découvrons qu'il y a un petit poste de police. Tentant le tout pour le tout j'y vais et je demande si je peux laisser mon couteau sur place en expliquant ma situation (sachant que légalement je suis pas censé me balader avec un couteau, même s'il est suisse). Sympathique et compréhensive, la policière me fait signer un papier, me dit à quelle heure faudrait que j'aie récupéré l'objet et en deux temps trois mouvement et quelques sourires c'était plié.
Et c'est ainsi que nous avons pu, après une perte de temps conséquente dû à une organisation de merde, commencer notre ascension de la Tour Eiffel. Police Nationale, fuck yeah !
Je ne vais pas narrer chaque marche et chaque pause photo à travers les poutrelles et les grillages lors de cette grimpette des plus sympathique, mais vais plutôt laisser parler les images à partir de maintenant :
Enchevêtrement de poutres, alignements de rivets, la Tour Eiffel révèle sa véritable majesté de l'intérieur bien plus encore que de l'extérieur. Le monument est pharaonique, l'assemblage d'acier robuste force le respect. Dire que pendant la première guerre mondiale, face à la pénurie d'acier, on a songé à la démonter pour la refondre en obus...
De superbes perspectives en géométrie de métal.
Vue en contre-plongée du premier étage vers le second.
On peut voir l'ascenseur pour les moins téméraires monter dans l'une de ces jambes colossales.
Nous voilà arrivés au premier étage, celui qui forme un carré autour du vide sous lesquels nous nous tenions quelques instants auparavant. L'étage était alors en rénovation, mais certains nouveaux aménagements permettaient déjà d'admirer le paysage tout en nous amusant à jouer avec nos nerfs et notre bravoure :
Paris vue du premier étage. Au loin on distingue la basilique du Sacré-Cœur, à Montmartre. Mais si, regardez mieux...
Là ! On la voit mieux, la basilique au fond à gauche. On peut également admirer la verrière du Grand Palais dont je parlais précédemment sur laquelle flotte le drapeau tricolore.
On appréciera le sol en verre sur le bord intérieur du carré formé par l'étage, de quoi faire une belle frayeur aux gens souffrant de vertige !
Avec un peu de chance, comme nous vous aurez un gamin qui sautera à pieds joints sur la vitre pour voir si c'est solide. Aussi, admirez mon coup de soleil. Et ce n'était que le début du road-trip. Paye ta peau de roux.
J'en met une autre qui vous permettra de mieux voir les gens en dessous. Comme ça vous aurez une bonne idée de la hauteur à laquelle on se trouve (57m au-dessus du sol) ET de la longueur des files d'attentes en contrebas.
Toi aussi conquiers ta peur du vide et triomphe du vertige !
Après un petit tour d'observation nous sommes montés au deuxième étage, et la vue s'est encore améliorée. J'étais déjà monté dans la Tour Eiffel avant, mais jamais par temps si clair, j'en ai donc profité ! Nous sommes alors à 115 mètres de hauteur.
Le Trocadéro, le Musée de la Marine, et au fond, dans son prolongement, le quartier des affaires ou quartier de la Défense. La photo de moi enfant posant devant la tour Eiffel vue dans l'article précédent fut prise sur le parvis du Trocadéro, justement.
Le Champ de Mars, où ne se rassemblent plus les armées mais les touristes.
Où je contemple les 166 mètres qui me séparent du prochain étage. Pour des raisons financières (le sommet coûtant un extra) nous ne sommes pas montés plus haut.
L'Arc de Triomphe perce tout de même l'immense tapis Haussmannien qui recouvre la capitale.
Une vue charmante des ponts de la Seine. Pour une bonne vue de Paris, il n'y a guère mieux.
Le Champ de Mars semble déborder dans les rues parisiennes. Malgré tout, l'horizon semble bien gris. Heureusement il est parsemé de pépites architecturales, comme l'Hôtel des Invalides, que j'avais également mentionné dans l'article précédent et dont on reconnaît la coupole dorée.
Après nous avoir fait plaisir avec la vue, Axel et moi sommes redescendus pour nous mettre sur le chemin du retour, non sans un dernier photoshoot de cette immense œuvre d'art.
Un dernier regard pour ce monument incontournable avant de nous remettre en route.
Mais avant de clore cet article sur la Tour Eiffel, j'aimerai revenir sur un incident étrange. Alors que nous marchions sur les trottoirs impeccables de la capitale (hahaha. Lol), nous sommes tombés sur ceci :
Selon toute vraisemblance, ce pigeon a été décapité, en partie écorché, puis quelque chose (ou vue la forme, quelqu'un) a mordu dans ce bout de viande crue. Que dois-je en conclure ? Merci de me faire part de vos théories.
Les abords d'Artzenheim, véritable départ de ce road-trip. Dans le fond ? La Forêt Noire.
De retour à Artzenheim après ma visite strasbourgeoise, je me préparais à prendre la route pour un trajet plus long, et plus compliqué. Cette fois je ne misais pas tout sur l'auto-stop pour m'éviter les désagréments islandais - surtout que cette fois j'avais un certain planning, des étapes précises, avec des dates et tout. Donc je partais pas la fleur au fusil, comme un hippie.
Et pourtant tout a commencé par un festival de hippie.
Bon, l'idée c'était de me faire récupérer par une amie de Strasbourg qui venait avec une amie à elle du côté de Colmar pour un festival où il devait y avoir une projection du Plan 9 from outer space d'Ed Wood. Finalement on l'a pas vu mais on a eu droit à la séquence de l'attaque de la maison dans La Nuit des Morts Vivants projetée plusieurs fois pendant que différents groupes jouaient leur propre BO par-dessus, et ça, c'était cool. Trouver le festival au milieu de nulle part aux abord de Colmar fut également mémorable, mettant à profit l'expression très "plaine d'Alsace" : Au fond du champs de maïs à gauche.
Là c'était littéral.
(Quoique ça y est, l'Alsace commence a retrouver un peu de diversité et le maïs laisse la place au blé, à l'orge, et ça c'est bien)
Bon, après on est retourné sur Strasbourg rencontrer leurs potes bourrés dans un parc complètement dans le noir pour discuter cinéma et on est rentré en ménageant le mec un peu nerveux prêt à nous revendre des produits divers après qu'on ait évité l'échauffourée. Une nuit ordinaire à Stras quoi. Il était tard et le lendemain je devais me lever "tôt" pour me rendre au lieu de RDV pour mon premier covoiturage en France. Car oui, j'avais décidé d'éviter la SNCF (pour diverses raisons) autant que faire se pouvait, donc comme pour le bouclage de mon tour d'Islande, j'ai voulu passer par le covoiturage. (Oui non parce qu'après le stop dans l'Est de l'île, j'en avais un peu marre) Je suis passé par le site de covoiturage qu'un ami m'avait conseillé un pote et j'ai décidé de le mettre à l'épreuve pour ce petit road-trip. Le plan initial c'était trouver des covoits pour Strasbourg-Paris, Paris-Paimpol, Paimpol-Vannes, Vannes-Tours, Tours-Limoges, Limoges-Nice, Nice-Strasbourg.
Alors là vous pensez "wow, ça en fait des covoits d'affilé" mais en fait non, je vous rassure, mon grand plan très optimiste je me suis assis dessus dès Paimpol-Vannes - mais ça c'est pour plus tard.
Du coup de bon matin je dis au-revoir à Caroline qui m'avait hébergé pour la nuit et je me rends au point de RDV, un parking à deux pas du Parlement Européen où je rencontre une autre passagère qui, comme moi, attend le conducteur en retard qui finit par arriver avec son pote et une autre bagnole qu'annoncé. Bon, soit, les imprévus ça arrive à tous, on se met en route et c'est parti ! La route se passe bien, confortable, on papote un peu, et je découvre que mon conducteur est un gaulliste anti-UE convaincu... alors pour ceux qui ne me connaissent pas bien, je suis un fédéraliste européen. Du coup ben, on a bien compris ce que l'autre pensait, on a parlé bien courtoisement, mais y a eu un petit moment de flottement dans l'habitacle :-D Mais cool hein. Ils me lâchent finalement au pied de l'immeuble ou vivent mes amis, à Montrouge et mon premier covoit' s'est plutôt bien passé.
Je suis donc arrivé en milieu d'après-midi à Montrouge chez Axel et Florence, un couple franco-belge amis de longue date. Pourquoi je précise franco-belge ? Parce que grâce à Flo j'ai eu une visite guidée de Bruxelles fut un temps, et que j'ai toujours l'espoir de voir la Belgique un peu mieux que ça grâce à elle. Donc voilà, hein, qui sait... En attendant, histoire de profiter du beau temps (et du fait que Flo soit pas au boulot) on s'est rapidement rendu pas loin, dans un coin de banlieue parisienne. Une banlieue bien particulière puisque malgré un voisinage des plus aisés j'y ai vu des tas d'ordures sur certains trottoirs et... ah, on me souffle dans l'oreillette que je vais devoir limiter mon bashage sur Paris donc je vais simplement revenir sur cette banlieue connue sous le doux nom de Versailles.
Notez bien le drapeau tricolore flottant sur ce symbole de la royauté française, ça va être drôle dans un moment.
Ah, Versailles ! Tout le monde connaît ce nom évoquant la grandeur passée des Rois de France (et de la défaite cuisante de son second Empereur), ses jardins somptueux aux fontaines massives, ses dorures et sa galerie des glace et... en fait on connaît que le château, quoi. Alors que c'est quand même une commune de plus de 85 000 habitants. Mais bon, à part le château et tous les bâtiments royaux qui vont avec, c'est pas non plus la panacée du touriste (et des habitants non plus apparemment puisque sa population diminue alors qu'on est à 17 bornes de Paris centre). C'est pourtant assez mignon pour ce que j'en ai vu, c'est à dire pas grand chose. On s'est pointé au château pour découvrir que : a) les dorures étaient en cours de restaurations et donc les parties déjà faites claquaient bien b) c'était le moment où ils faisaient tourner les fontaines donc le parc était payant (et blindé de monde). Donc bon, voilà, on est repartis.
LOUIS, KING OF BLING. (Quelques membres de sa nouvelle cour posant devant son modeste portail)
Haha, ça te la coupe hein, toute cette montée en pression autour de Versailles alors que j'ai rien visité, hein ? T'as cru que j'allais rentrer dans le château et te faire une visite de la mort qui tue ! Oui ben non, pas les sous. Mais j'aimerai bien à l'occasion, car blagues à part l'endroit est vraiment somptueux... j'en profiterai alors pour rentrer plus dans les détails de l'histoire de ce lieu et de certains de ses propriétaires. En revanche, je t'invite à admirer la façade de l'édifice qui même de loin, derrière les hordes de touristes grilles monumentales, reste très impressionnant. Cette aura écrasante explique peut-être pourquoi Versailles, ville fondée par Louis XIV (le fameux Roi Soleil, au cas où les grilles bling bling qui vous accueillent ne l'auraient pas déjà bien établi), est toujours un bastion du royalisme français.
"I'll be back." ou pas.
Ah oui, alors pour les étrangers qui me liraient et l'ignorent probablement, les royalistes existent encore en France - et je ne parle pas des partisans de Ségolène Royale (candidate socialiste aux élections présidentielles de 2007, connue pour son sens aigu de la bravitude). Non, non, je parle de gens qui ont un parti royaliste et votent dans l'espoir de faire revenir notre Bon Roy sur le trône de France. Bon, évidemment, ils ne sont pas très nombreux (3576 votants aux élections européennes de 2014 pour l'ensemble du territoire), et ne sont même pas d'accord sur qui devrait être roi si l'occasion improbable d'une victoire aux élections se présentait (ils se disputent entre Orléanistes et Légitimistes). Les royalistes sont donc une espèce politique rare et menacée, qui fait des messes le 21 janvier pour commémorer l'assassinat de Louis XVI jusqu'à ce que la monarchie (même parlementaire) soit restaurée.
Ce qui est très drôle puisqu'en fait ils en ont eu l'occasion par le passé, mais après deux tentatives de restaurations pas trop réussies (dont une qui aura eu droit à sa Terreur Blanche), notre futur Bon Roy avait alors chié dans la colle parce qu'il ne voulait pas du drapeau bleu-blanc-rouge. C'était en 1873, le Parlement était prêt, les royalistes s'entendaient sur le dauphin légitime qui devait devenir roi (à savoir le comte de Chambord), le peuple était d'accord, on se dirigeait vers une monarchie parlementaire sur le long terme comme en Grande Bretagne, mais non. Le futur roi ne voulut pas du drapeau révolutionnaire et voilà. Depuis, pas de roi, pas de chocolat.
Cette anecdote de la restauration manquée vaut à la droite française le surnom de "Droite la plus bête du monde". Cocorico ! Du coup voir flotter ce drapeau tricolore sur le château de Versailles nous rappelle qu'il s'en fallu de peu pour que ce palais soit encore habité aujourd'hui par le Roi de France.
"A toutes les gloires de la France" Peut-on lire sur ce fronton. C'est un peu le fil conducteur de cet article. Ah oui, et sinon c'est le château de Louis XIV le Roi SOLEIL, juste au cas où vous auriez oublié.
Retournons à mon petit passage sur Paris. Je ne suis pas resté très longtemps, mais Axel s'est dévoué pour me faire faire un petit tour dans le centre, histoire de jouer mon gros touriste. Non pas que je ne sois jamais allé à Paris, mais jusqu'ici jamais sans mon propre appareil photo. Du coup, jusqu'ici, j'avais surtout des photos du genre :
La qualité ! Bon, c'était l'an de grâce 1997, aussi. Mon parrain m'avait emmené pour ma première visite de la capitale pour me distraire un peu du fait que notre maison venait de cramer quelques mois plus tôt. Un plan pas con puisque j'ai pas l'air malheureux :-) A noter qu'à l'époque la Tour Eiffel ne scintillait pas la nuit et n'avait pas de Bat-Signal à son sommet.
Bon c'est pas vrai, j'exagère, grâce à mon père quelques années plus tard j'ai quelques souvenirs moins dégueulasses :
Le Louvre et sa pyramide de verre au centre de la Cour Napoléon... je l'ai visité deux fois étant gamin, jamais adulte... Grosse frustration, parce que c'est clairement maintenant que je pourrais en profiter le plus. On remarque le style Louis-J'Ai-Du-Pognon en arrière plan (bien que ce palais soit le fruit de près de 800 ans d'aménagements et d'agrandissements !), contrastant avec le style Mitterrand de la structure en verre. Le premier qui commente "Illuminati" ou "666 losanges" se prend une baffe.
Mais bon voilà, entre temps j'ai créé ce blog et j'avais pas eu l'occasion de faire du Bienvenue en Europe à Paris. En revanche je ne pouvais faire qu'une Blitz-visite, fallait donc faire un choix (dû à la météo et à la géographie de la ville qui n'est pas des plus petites) et j'ai dû me résoudre à ne pas aller voir des monuments du genre Notre-Dame, ou le Louvre - que je veux revoir durant une journée entière... voire deux. Alors comme n'importe quels bons gros touristes Axel et moi on est sorti du métro à l'Arc de Triomphe, pour remonter les Champs Elysées à pieds et finir sur une autre attraction touristique toute proche.
Alors voilà notre première véritable étape : l'Arc de Triomphe.
Napoléon, fuck yeah ! Colonne de droite "Le départ des volontaires", colonne de gauche "Le triomphe de 1810". Désolé pour le van qui apparaît sur la gauche, mais c'est un PUTAIN de rond-point, vous n'avez pas idée à quel point c'est dur de ne pas avoir (trop) de véhicules sur les photos... sauf si vous habitez Paris auquel cas vous voyez bien qu'en fait j'ai du bol de n'avoir que ce petit bout ! ^^ Pour ceux qui se demandent comment les touristes sont parvenus jusqu'à l'îlot central, c'est facile : un tunnel. non parce que courir pour traverser la route, c'est mourir.
50 mètres de haut, 45 de large... C'est sans doute le plus grand, le plus coûteux et le plus badass de tous les rond-points de France !
Détail de la sculpture "Le départ des volontaires de 1792", où "La Marseillaise"
Situé sur la place de l'Etoile dont il occupe la majeure partie du rond-point, il abrite également un musée dans sa partie supérieure, auquel on accède par un escalier situé dans l'un des piliers et qui donne également accès à sa terrasse (on peut donc observer les Champs Elysée et le reste de la capitale la tête dans le gaz d'échappement d'un des carrefours les plus infernaux de la ville, youpi !). Sous ses arches se trouve la tombe du soldat inconnu, sur laquelle brûle une torche à la mémoire des soldats ayant perdu la vie pour la Patrie durant la Grande Guerre (et par extension toutes les guerres). L'Arc de Triomphe fut construit sur une période de 30 ans pour célébrer la branlée qu'il a mise à l'Autriche et la Russie durant la bataille d'Austerlitz en décembre 1805. Dès 1806 il ordonne la construction du monument qui sera achevé en 1836 pour permettre aux Grognards de rentrer au bercail en défilant "sous des arcs de triomphe", comme il leur avait promis. Pas de bol, ça faisait alors 16 ans que l'Empire Napoléonien n'existait plus et que les Grognards étaient rentrés en guenilles dans une France défaite (quand ils n'étaient pas morts de froid en Russie). l'Arc de Triomphe ne fut toutefois pas construit en vain puisque les allemands, eux, paradèrent sous l'Arc de Triomphe quand ils tatannèrent les Français en 1870 et 1940. Et quand on gagne au football on y projette les visages des joueurs, ça inspire la nation.
Bon, je suis mauvaise langue, la tombe du soldat inconnu reste un lieu de mémoire important et les sculptures recouvrant les colonnes de l'Arc sont quand même bien classes. On peut y voir représenté une sorte de rétrospective de l'Empire, du départ des volontaires en 1792 à la paix signée en 1815, en passant par la gloire et la "résistance" (donc la défaite mais côté glorieux), tandis que les bas-reliefs évoquent les grandes batailles qui jalonnent l'Empire Napoléonien. C'est devenu une icône de la capitale française, surtout dans ce qu'elle a de politique et de symbole de la Nation. Et cette icône se trouve au bout des Champs Elysées, la "plus belle avenue du monde", donc que demande le peuple ?
Ce cycliste mérite une médaille pour son courage.
Justement, Axel et moi on a descendu cette superbe avenue des Champs, cet incontournable lieu de passage de tout touriste, cet agglomérat de boutiques de luxe et de restaurants/cafés aux tarifs défiant toute décence... et ben franchement, faut pas déconner non plus. Certes y a des arbres et on profite de l’architecture haussmannienne qui donne à Paris l'image que tout le monde a dans sa tête quand on évoque la capitale française. Mais bon, de là à dire "la plus belle avenue du monde" faut pas non plus pousser mémé dans les orties. Bon, j'aime bien le côté "drapeaux partout pour les touristes" (même si le drapeau de la mairie de Paris, on s'en fout un peu les mecs), y a un côté bucolique et tout, et en bonne compagnie c'est sympa de battre un peu le pavé. D'ailleurs, j'adore le fait que plein de rues à Paris aient encore des petits coins pavés ici et là, tantôt sur la route, tantôt sur les trottoirs, ça a certain charme et ça fait oublier que les rues sont globalement assez grises, ternes et souvent sale.
La plus belle avenue du monde, mesdames et messieurs.
Bon, avant de continuer et pour dissiper tout malentendu, je crois qu'il faut bien que je l'avoue une bonne fois pour toute : Je n'aime pas Paris.
Car oui, je suis "souvent" venu à Paris, en touriste avec la famille ou pour voir mes amis et assister à des conventions des trucs comme ça. Et mes impressions générales au fil des années se sont généralement confirmées : les Parisiens m'ont toujours paru désagréables au plus haut point, fermés, malpolis, agressifs, quant à la ville, elle est souvent mal entretenue, donc souvent sale, ça pue quand même pas mal dans certains coin où on sent bien (littéralement) que les gens se soulagent dans les coins faute de toilettes publiques (ou d'éducation), les façades grises et pâles s'enchaînent, relevées de temps en temps par des dorures bling bling, le vert est trop rare pour me mettre suffisamment à l'aise et MES DIEUX ce trafic de merde. Ah oui et le métro aussi... je me souviens étant gamin avoir été choqué par mes ongles noirs de crasse à la fin de la journée. Et puis les stations de métro dégueulasses et le comportement des gens qui donne tout son sens à l'expression "jungle urbaine".
Voilà, c'est fait, je n'aime pas Paris, je suis biaisé, je l'avoue.
Néanmoins, je dois dire que j'ai eu cette fois-ci une impression beaucoup plus positive au niveau des gens, en comparant à mes précédentes expériences parisiennes. Cette fois, j'ai vu quelques sourires, quelques échanges sympa dans le métro... bon, Axel me disait en plaisantant "c'est qu'ils sont pour la plupart partis en vacances" mais hé ! Pour la première fois j'ai trouvé les gens un peu plus relax, presque... cool (presque, hein). Un mec qui s'incruste dans un délire dans le métro, à la dernière minute avant de descendre, presque à l'a dérobée comme pour éviter d'avoir à subir un éventuel "Qu'est-ce que tu viens nous parler ?", un monsieur qui tape la discute à l'arrêt de bus alors que le soleil n'est même pas encore levé et qu'à cette heure-ci TOUT LE MONDE a la tête dans le cul... je sais pas ce que c'était, peut-être l'habitude de vivre dans une ville où chacun reste dans sa bulle, ou bien qu'effectivement j'ai bénéficié de l'ambiance de vacances (y avait effectivement pas beaucoup de gens finalement, les rames n'étaient pas bondées...), mais si la ville m'a parue toujours aussi sale et terne, les gens ont réussi à me surprendre.
Donc même si j'aime pas cette ville, je sais reconnaître que ce n'est pas (tout à fait) l'Enfer de Dante non plus. Pour autant je me félicite de ne pas y vivre.
Maintenant que j'ai vidé mon sac, reprenons notre descente des Champs Elysées. Nous passons devant la statue du Grand Charles, qui prolonge bien ce petit trip "Gloire de la France", finalement, d'abord le Roi, puis l'Empereur, puis Charles de Gaulle. Il y a une logique en fait !
Axel ne pose pas du tout face à Charles de Gaulle. Dans le fond un tout petit coin du Grand Palais, magnifique monument qui mériterait un article à lui seul.
Alors pour les étrangers et les ignares, qui est Charles de Gaulle ? Ça va être chaud de résumer sa vie en quelques lignes, il faudrait tout un article, mais je vais essayer d'être concis. Charles de Gaulle, c'est un militaire français qui avant la guerre 39-45 avait prévenu l'Etat Major français que ne pas finir sa Ligne Maginot et donc laisser une énorme porte ouverte dans ses défenses c'était une idée de con, qu'il fallait produire plus d'avions et que la guerre ne serait pas de positions mais de mouvements, et il avait raison. Quand la France perdit la guerre il fuit en Angleterre où il organisa la Résistance en se proclamant France Libre (en opposition à la France collaborationniste de Vichy). Il y lança le célèbre "Appel du 18 juin 1940" où il appella tous les Français à entrer en résistance (mais personne ou presque ne l'écouta ce soir-là, heureusement il y avait déjà les rediffusions à l'époque). Finalement il participera à la libération libérera la France avec l'aide négligeable de ses alliés américains qui ne font que passer, cela va de soi. Après ça on le connaît surtout pour avoir défendu puis laisser partir l'Algérie Française, pour avoir crié "vive le Québec libre !", pour avoir été l'homme autour de qui la Vème République (celle dans laquelle la France vit toujours) a été créée, sur la base d'un pouvoir présidentiel fort. C'est un des premiers eurosceptiques modernes (c'est lui qui a torpillé le projet d'union de la défense, au profit de l'union économique basée non sur une intégration politique mais sur le pognon, dites-lui merci), anti-OTAN, antiaméricain, anticommuniste. Il a défendu, avec succès et échecs, une "certaine idée de la France" et a fondé un des courants forts de la droite française : le gaullisme (on en revient au conducteur de mon covoiturage, comme quoi y a vraiment des fils rouges mine de rien). Qu'on l'aime ou pas, c'est l'une des figures majeurs de l'Histoire de France contemporaine, avec ses moments glorieux et d'autres moins. Mais sa "certaine idée de la France" était quand même très, très camembert, baguette, pinard et nappes vichy (sans mauvais jeu de mot).
Comment ? Vous n'arrivez pas à lire sa citation ? Voilà, c'est mieux :
Je connais quelques nations à travers le monde qui pourrait éventuellement grincer des dents mais chut, Charles a parlé.
Alors pour ceux qui roupillaient en classe, vingt fois séculaire ça veut dire 2000 ans. Je vous laisse réfléchir à tout ça (en relisant cet article au besoin si la chronologie de la France vous semble obscure).
A ce moment-là on a bifurqué, ce qui nous permis de faire face au Grand Palais (des Beaux Arts). Là on comprend pourquoi même si on aime pas Paris il faut avoir visité la ville... ce genre de monument est juste fantastique, même si malheureusement je n'ai fait que passer devant cette fois-ci, je le regrette. On devine à peine sur ces images l'immense et magnifique dôme de verre de ce palais construit - comme la Tour Eiffel - pour une Exposition Universelle. Je ne vais pas décrire l'intérieur bêtement, car ça, je vous le promets, j'en ferai un article un jour.
La façade magistrale... on devine l'immense nef de verre qui en fait un bijou d'architecture.
La verrière du Grand Palais.
En face du Grand Palais il y a son petit frère, le Petit Palais, lui aussi très, très classe. Comme on peut le constater, ce sont désormais des lieux privilégiés pour les expositions et les événements culturels. Le Grand Palais a même été transformé en patinoire cet hiver ! Imaginez une patinoire sous une immense voûte de verre... Ça fait rêver.
Le Petit Palais.
Les dômes, les colonnades, les statues et les quadrilles nous en mettent plein la vue, mais ne sont que "sur le chemin", puisque notre destination nous attend un peu plus loin. En effet, nous traversons le pont Alexandre III (un autre souvenir de l'exposition universelle de 1900, comme les Grand et Petit Palais) pour nous diriger vers le pinacle de cette visite éclaire...
Le pont Alexandre III et, sur l'autre rive de la Seine, le dôme doré de l'Hôtel des Invalides, un autre héritage de Louis XIV.
Vous devinez de quoi va principalement parler mon prochain article, là, non ?